samedi 3 septembre 2016

Le bastard de Quimerc'h, chef de guerre et politicien. (Compte-rendu de bataille)

Les 16 et 17 Avril, les 20 ans de la très célèbre (auprès de très peu de gens) règle "Argad" ont été l'occasion d'une grosse partie, sur notre thème de prédilection, la guerre de succession de Bretagne. Patrice et Ehouarn nous avaient donc concocté un scénario multi mission et multi table. Tous les adeptes de la règle étaient invités.
Je ne raconte ici que ses aventures propres, car il s'est passé bien d'autres choses en bien d'autres lieux pour bien des joueurs, lors de cette journée.

Voici donc les aventures de Per, bastard de Quimerc'h, lors de ce tumultueux week-end. La précédente partie avait permis au batard de reprendre un rôle dans la lutte que se livraient les deux prétendants au duché de Bretagne. http://euthanasor-wargamesetmodelisme.blogspot.fr/2015/11/les-anglais-entrent-dans-la-danse_21.html . Il avait reçu des troupes et des fonds pour poursuivre la lutte du côté Monfortiste.

Tout d'abord, faisons un tour des lieux: 
Rennes et ses faubourgs. (parti de Charles de Blois)
Les positions blésistes devant Hennebont 
Hennebont, dont on reconnaît la porte monumentale, et le pont sur la Blavet.
Mauron et le centre Bretagne. Théâtre d'affrontements, les deux jours. 
Brest et son château, au fond. 
Les Anglais (parti de Jean de Monfort) sortant de Brest. 
Mauron, tenue par les blésistes, sera le théâtre d'une violente bataille le deuxième jour. 

Per de Quimerc'h apprend la politique: 

Nous démarrons au moment où Per entre dans la ville d'Hennebont, assiégée sur l'une de ses rives. Il y est rejoint par Guilo, sénéchal de la ville. Les deux compagnons feront route ensemble les deux jours. Per essayera de ménager les partis ayant déjà été confronté à des traîtres par le passé (http://euthanasor-wargamesetmodelisme.blogspot.fr/2015/04/les-succes-et-les-deboires-du-batard-de.html).

Per de Quimerc'h et ses compains traversent le Blavet. On reconnaît Raoul de Tours, le français qui lui est toujours fidèle, le troubadour qui se repaît de ses péripéties pour composer ses chansons de geste, deux sergents montés, six piétons bretons et six archers gallois. 

La troupe fusionne avec celle de Guilo Clec'h, le sénéchal des lieux, compain de longue date mais piètre tacticien.
La cavalerie bretonne traverse rapidement la ville.

Mais, quand celle -ci est passée, des émeutiers, si ce n'est anti-Anglois menés par un prêtre, caillassent les piétons. Un archer anglois est tué et Quimerc'h fait disperser la foule. Il ne veut pas répandre le sang, voulant se ménager des partisans à Hennebont.
Mauvaise nouvelle, plus au nord, un parti de Gênois débarque en Finistère. 
Pro-Charles de Blois, ce parti d'arbalétriers est une force avec laquelle il va falloir compter. 
Pendant que les piétons sortent lentement d'Hennebont. Un parti de chevaliers dont Guilo et Per, pousse jusqu'à Theix où ils cherchent à lever des partisans.  Guilo est sénéchal de la région, Per inspire une légendaire sympathie aux paysans. Malgré ces deux atouts, il ne recruterons aucun nouveau bidault. ( Vous aurez remarqué que la sympathie que Per a auprès des paysans devient de plus en plus légendaire et de moins en moins réelle, au fil des scénarios !).
Per de Quimerc'h prend le commandement et manoeuvre:

Est-ce le nombre de blessures reçues, dont une failli lui être fatale, qui l'a fait changer ainsi? Toujours est-il, qu'il déploie de nouvelles capacités. Guilo s'en remet complètement à lui. Il commande leurs forces combinées. Un affrontement frontal aurait sans doute permis de lever le siège d'Hennebont pourtant, il va opter pour la manoeuvre.

Bref, la troupe réunie sort d'Hennebont avec ses bagages. 
Un petit parti de Français, derrière un mur de boucliers tente de bloquer la route. 
On ne va pas perdre du temps à affronter la canaille. Quimerc'h et Guilo manoeuvrent et les Français, menacés d'être contournés, retournent dans leur camp retranché.  
Le siège est finalement levé à la fin de la journée, quand les anglais remontent le Blavet.

2ème jour: Le sac de Theix et la bataille de Mauron.

Le deuxième jour confirmera les qualités de Per de Quimerc'h comme chef de guerre. Malheureusement, mal conseillé, il prendra encore les risques qui faillirent lui faire tout perdre. Rennes est mainteant assiégée par le Duc de Lancastre qu'il s'agit d'aller renforcer.

La flotte anglaise sous Brest.
La jonction avec les Anglois de De Baskerville, en centre Bretagne, devrait permettre d'emporter Rennes 
Rennes assiégée par le Duc de Lancastre.
 Les opérations reprennent. Certes, Hennebont est libérée mais il faut maintenant foncer vers Rennes, renforcer Lancastre. Inutile de laisser une menace derrière soi. Les Theixois ne sont pas partisans du Duc de Monfort, on va leur apprendre à apprécier Charles de Blois ! Per et Guilo y envoient un parti de cavaliers franco-bretons emmenés par Raoul de Tours.

Raoul de Tours mène les représailles. La guerre est la guerre! Les Theixois y réfléchiront à deux fois!

La longue colonne de Guilo, Per et De Gleievec est prête à passer en Centre-Bretagne. Le voyage prendra "un certain temps". D'ici là, le détachement de cavalerie devrait les avoir rejoint. 
La cavalerie se déploie autour de Theix dont la population effrayée, jure successivement fidélité à tous les partis.
Mal leur en prît! Ce fût le prétexte. Les soudards pillent et violent aux cris de "Monjoie, Saint Denis"(la devise française) !Remarquez l'homme d'arme chevauchant bestialement la pauvre mère sur le regard affolé de son fils. 
Le parti de cavaliers bretonne Theix. (Oui, au moyen âge, le verbe "bretonner" avait un sens tout différent de celui qu'on lui donne aujourd'hui. Il signifiait piller, violer, tuer, mettre à sac). Raoul prend le soin de laisser quelques rescapés qui pourront témoigner des exactions françaises. Le village est incendié pour faire bonne mesure.

Theix, désolée et en flammes. 
 La troupe des trois sires bretons entre en centre Bretagne. Les anglais ne sont pas au rendez-vous. Mauron est solidement tenue par les troupes franco-bretonnes de Rohan, celle d'Amaury de Kernet et les arbalètriers gênois de Grimaldi. Quimerc'h prend la tête des négociations. Il s'agit de faire vite, réglons vite ce différent et nous pourrons renforcer Lancastre à temps.
Il hisse un fanion blanc et va au devant des français pour négocier. Ceux-ci sont méfiants et craignent une ruse. Pourtant il n' y en a point. Quimerc'h propose un affrontement des six meilleurs chevaliers de chaque camp. Le français refuse. Dès lors, il faut se déployer pour la bataille. Le français est solidement retranché dans la ville et dispose de nombreuses et puissantes arbalètes, grâce à son alliès Gênois.

Per de Quimerc'h revient des négociations et rend compte à ses alliés: Le Français refuse de s'en remettre au sort en laissant s'affronter les champions des deux camps. 
Quimerc'h fait décharger les bagages, dont les larges pavois. Les français veulent sacrifier leurs hommes? On va les exaucer. Ce sera long, mais nous les vaincrons !

Sur l'aile gauche franco-bretonne, les arbalètriers empêchent le contournement du village par la droite. C'est pourtant là le second point faible des Français. 
 La route traversant le village est bloquée par une barricade improvisée et un mur de pavois. Les arbalétriers qui tiennet le village sont les plus nombreux, mais Quimerc'h connaît la puissance de ses archers gallois. Il suffit de pouvoir se rapprocher suffisemment. Le déploiement prends du temps. La cadence de tir des archers est supérieure à celle des arbalètriers. Le mur de pavois protége davantage que la barricade. le résultat est connu d'avance, il faut juste être patient.
Un mur de pavois est monté face à celui des Français, juste au delà de la portée maximale de leurs armes. Piuis, pas à pas, c'est une lente progression. Les arbalétriers des deux camps tirent tous les deux tours, les archers chaque tour. Le première salve vise les moins protégés des défenseurs. Deux hommes tombent et le reste quitte la barricade pour le couvert des maisons. Il reste le mur de pavois. Les tireurs y sont deux fois moins nombreux que ceux de leurs assaillants.


Sur la gauche, les Français tentent de se déployer pour contrer la menca qui progresse vers le village. Les cavaliers se massant derrière l'écran des pavois les dissuaderons de pousser plus loin et ils reculeront à nouveau sous le couvert du village. 
 Quimerc'h progresse. Il sait que s'il arrive à portée normale des arbalétriers retranchés derrière la palissade du champ de droite, il les massacrera. Les défenseurs ne se rendent compte de rien. Pas à pas, le mur avance.

Les assaillants des trois sires bretons. 
Le convoi quitte la route pour tenter de contourner le village. Les tireurs continuent leur harcèlement et leur approche. 
 Le tir des défenseurs est inefficace, ils sont trop peu nombreux pour percer ce mur. Soudain, les attaquants changent de cible. Ils sont enfin arrivés à portée des arbalétriers de la gauche ennemie. Le premier tir sur eux est dévastateur. Quatre sont tués, les deux rescapés battent en retraite. On peut se concentrer à nouveau sur le centre. le convoi passera par la droite.
Pourtant le sire de Gleievec s'impatiente. Il veut en découdre à gauche. Quimerc'h lui accorde d'aller engagger des forestiers dans un petit bois à gauche. En deux tours, ceux-ci sont exterminés sans pertes. Grisé par ce succès facile, Gleievec insiste. "Allez-y donc ! ". Gleievec mène la cavalerie bretonne qui charge les rangs franco-bretons.
Les Bretons sont maintenant à portée normale et voltent pour harceler le flanc gauche franco-breton, qui s'effondre. 
L'aile gauche franco-bretonne s'est repliée, le convoi s'engage. 
Le centre franco-breton s'ecroule. Les pavesiers sont morts, les arbalétriers sont à découvert. 
Le succès aurait été total si l'entreprise de la chevalerie bretonne n'avait tourné à la catastrophe.
Raoul de tours, le "boucher de Theix", sera le premier à tomber. Suivront tous les autres chevaliers dont le fougueux Sire de Gleveiec, qui sera même blessé deux fois avant d'être capturé. Qimerc'h, lui-même, sera blessé, puis pourchassé avant de rejoindre la sécurité de ses rangs.

Per à cédé à l'insistance du Sire de Gleveiec. Ce qui devait-être une diversion pour refouler les Gênois sur l'aile gauche devient un assaut, d'abord sans risque, sur les forestiers qui sont massacrés, mais ensuite sur des troupes en bon ordre, ce qui s'avèrera désastreux.
    Mauron est prise. Gleveiec est échangé contre le sauvergarde des défenseurs. Les français ont gagné. Les renforts bretons ne parviendront pas à temps à Rennes ou Lancastre lévera le siège.
Le sire de Baskerville? Perdu dans des intrigues d'alcôves, il n'arrivera qu'après la bataille. Lui présent, Mauron aurait pu être balayée deux fois plus rapidement et Rennes sans doute capturée dans la foulée.
Hasards de la guerre sans doute.
 
    Un week-end très réussi. Un bon équilibre entre roleplay et baston. J'espère qu'il y aura une suite prochaine.

1 commentaire:

Phil a dit…

Absolument magnifique, terrain, figurines et décors, tout est splendide...On s'y croirait!