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jeudi 1 novembre 2012

Les aventures de Borgnefesse - Les 24H du jeu de Theix (56)

Les 24h du jeu de Theix ont été l'occasion de jouer sur tout un week-end. Avec la mort de mon précédent personnage, j'ai endossé le rôle d'un pirate, le dénommé "Borgnefesse" (un boulet de canon l'ayant, suite à un ricochet malheureux, grévé l’essentiel de la fesse gauche. Je précise qu'il s'agissait d'un ricochet car jamais ne vit-on Borgnefesse, tourner le dos à un adversaire).
Nous pouvions circuler et passer de l'une à l'autre des quatre tables distinctes dont nous disposions au bout "d'un certain temps" (temps aléatoire qui permettait aux joueurs déjà présent sur la table d'anticiper).
Une grande table de mer, séparait les deux pôles du jeu (Tortuga et Saint Augustine). La côte sauvage de Floride était aussi représentée avec une plantation dans l'arrière pays.

Le Capitaine "Borgnefesse", et "Pulverin", son second, sur le pont du "Requin".  Borgnefesse sera légèrement blessé au pied au cour du second abordage.
Les règles utilisées ont été PMET (Per Mare et terras) pour les combats maritimes et "Argad" pour les combats terrestres et les abordages.
Le "Requin" au mouillage. Endommagé par une tempête, il a du faire réparer et recruter plus d'hommes. 
Le capitaine Pudubec se présente au commissaire au matériels pour acheter les espars manquants. 
Approche sous pavillon espagnol d'un marchand espagnol.
Le "Requin" hisse la pavillon noir. Mieux armé, avec plus d'hommes, le marchand se rendra aussitôt.
Avec son équipage de prise, le marchand espagnol fait route vers la Tortue. Borgnefesse redoutait que Lostebraz  ne s'en empare pour son propre compte.
Le "Requin" longe alors les côtes espagnole. Borgnefesse fait jeter les marins espagnols à la mer, croyant leur permettre de sauver leur peau (du moins,  pour ceux qui savent nager).
Mais là, mauvaise surprise! La côte sauvage est peuplée de... sauvages!
Arrivé à bon port, à la tortue, le vaisseau est déchargé de sa cargaison de rhum et vendu à la couronne française. L'équipage de prise achètera un tout petit bateau pour aller explorer une île avec un vieux fort abandonné. 
Revenant des côtes de Floride, Borgnefesse tombe sur un spectacle peu banal. Un brick espagnol recueille des naufragés.
Alors que l'espagnol lève l'ancre, Borgnefesse fonce. Il a reconnu le capitaine Red et "La grenouille", il faut qu'il les récupère. Il hisse alors le pavillon britannique.
Sous le nom de O'Sullivan, il somme l'Espagnol de lui remettre les deux pirates. L'Espagnol, ne sachant même pas qui étaient les deux rescapés, flaire le bon coup et refuse de les livrer.
Borgnefesse menace: "Si vous ne nous livrez pas ces deux sujets britanniques recherchés, vous vous rendez complice de pirates et donc serez  pirates vous même!L'espagnol qui commence à prendre le vent, éperonne, à très faible vitesse, le sloop.
Le combat entre "la requin et son adversaire espagnol a eu lieu dans des conditions réellement extraordinaires pour le pirate Borgnefesse. Indépendamment de ses tentatives de manipulation, il fond à pleine vitesse sur l'Espagnol qui lève l'ancre et se trouve dans l'incapacité de manœuvrer. Mieux encore, les gréements des deux navires s’emmêlent dans la position la pire qu'on puisse imaginer pour l'Espagnol, le pirate lui barrant littéralement le "T". Ainsi, le "Requin" délivrera deux bordées de mitraille, en enfilade, balayant tout le pont de son adversaire et lui causant deux fois 5 pertes parmi son équipage déjà inférieur en nombre (22 contre 20 hommes au début de l'engagement).
L'espagnom essayera bien de se dégager mais le pirate, perfide, continuera à lancer grappins sur grappins pour maintenir son ennemi dans cette position, si désavantageuse.
Du haut de la mature, dans la hune, deux moucheurs harcèleront en plus, les hommes affectés au travaux de "désenmêlage".
Les deux navires sont emmêlés. Ils se tirent dessus à bout portant. Le "Requin délivre ses bordées de mitraille en enfilade tandis que l'Espagnol riposte de plus en plus faiblement.
Pire, les deux naufragés recueillis par l'Espagnol, ne voulant pas être livrés à Borgnefesse, résisteront à l'espagnol et contribueront à mobiliser et désorganiser l'équipage espagnol déjà bien affaibli.

Tandis que du Requin, la mitraille pleut sur le pont. Les deux hôtes de l'Espagnol se révoltent et combattent maintenant pour empêcher leur remise aux faux anglais, en qui ils ont reconnu Borgnefesse.
Après la deuxième bordée de mitraille, l'espagnol a enfin réussi à libérer son navire. Les pirates montent à l'assaut toujours couverts par les moucheurs, qui, depuis la mature, harcèlent l'ennemi.
Le combat pour le château avant. De plus en plus de pirates arrivent à passer. Le capitaine Borgnefesse, blessé au pied est évacué, inconscient.
Le capitaine espagnol, tente de sauver sa peau et réussit à se désengager. Peine perdue! Abandonné aux assaillants, le gaillard d'avant voit s'aligner les tromblons. Le tir dévaste littéralement le pont. Les derniers espagnols sont tués ou blessés. Le Capitaine lui-même, sera touché deux fois au ventre. 
Ne voulant pas laisser de traces de son forfait, Borgnefesse le fera jeter par dessus bord.
Pour Borgnefesse, c'est une belle prise. Au total, il n'a perdu que 5 hommes dans l'affrontement. S'il est lui même blessé au pied, il s'en sortira sans séquelles grâce aux soins du chirurgien de Tortuga. Il vendra le navire et son contenu au Gouverneur "De Toulvarère".
Fort de ce nouveau vaisseau, et d'une embuscade dans laquelle serait tombé Lostbraz, ils n'ont guère de peine à convaincre De Toulvarère à mener une action de représailles contre la Floride.
Il est ainsi prévu que les quatre vaisseau français débarqueront un fort parti de soldats sur la plage et pendant qu'ils iront, par la terre, attaquer le fort San Marco, Lostbraz et Pudubec (Alias Borgnefesse) attaqueront par la mer.

Lostbraz et Borgnefesse ont dument obtenu du gouverneur de Tortuga une lettre de marque pour opérer ainsi au nom du roi de France. Pour, Borgnefesse, c'est du pain béni. N'ayant eu mal à partir qu'avec des Espagnols, il espère que ses forfaits passeront inaperçu dans ce contexte de guerre ouverte.


La flottille française vogue vers la Floride. Lostebraz et Borgnefesse on réussi à convaincre le gouverneur de Tortuga de la duplicité de l'Espagnol. Les troupes de marines sont réparties sur chacun des navires.
La flottille mouille bientôt devant la colonie espagnole.
Aussitôt, les troupes commencent le débarquement. Ici, on transfère un canon sur un radeau de fortune.
Radeau qui est en suite halé vers la plage.
Les troupes se regroupent avant de progresser  vers la riche plantation.
Elles sont équipées d'échelles pour investir le fort de Saint Augustin par la terre, son côté le moins défendu.
Incapable d'être déplacé dans le sable, un canot transportera le canon et le matériel.
La colonne française progresse lentement. Des cavaliers ennemis ont été signalés.
Les sauvages se feront discret mais il faudra lutter pied à pied pour investir la plantation.

Alors que les français approchent de Saint Augustine, trois vaisseaux espagnols viennent à leur rencontre.Avec 60 à 70 hommes à bord, ces trois équipages auraient pu faire échouer la prise de la ville. Il convient donc de livrer bataille et de les retenir la plus longtemps possible.

Lostebraz et Borgnefesse convergent alors le fort San Marco. Ils doivent en occuper la garnison  pendant que les Français attaqueront par la terre.
Les Français ont, sans succès, tenté de se faire passer pour Espagnol.  Le combat s'engage.
Le "Requin, plus rapide, tentera de franchir les rangs espagnols tandis que Lostbraz livrera un combat de retardement pour empêcher les espagnols de le poursuivre.Malgré une avarie de drisse, "Le Requin" passera au travers des espagnols grâce à un boulet heureux qui arrachera le gouvernail de son plus proche ennemi, anéantissant du même coup toute velléité de poursuite.

Le "Requin" prendra plusieurs coups dans la mâture.  Une drisse sera même sectionnée, empêchant tout changement de voilure.il fuira pourtant le combat, toutes voiles dehors pour rallier Saint-Augustin.
"Le Requin" arrive à Saint Augustine. La garnison du fort est occupée côté terre, par l'arrivée des français. Seul un canon est en initialement en mesure de riposter au navire. Borgnefesse, fera un bel arc de cercle en diminuant progressivement sa vitesse pour se mettre face au vent et mouiller l'ancre. Pour pouvoir répliquer au fort, il lui faudra pourtant faire pivoter son arrière.
Il fait débarquer promptement son équipage qui halera bientôt le sloop par son arrière.
"Le Requin" tire enfin, alors que les marins se précipitent pour piller la ville.

"Le Requin jette l'ancre dans la rade de Saint Augustin. Un canot hale son cul pour le faire pivoter.
Tous ses cannoniers à tribord, "Le Requin est bientôt en mesure de riposter au fort.
Les troupes françaises au prise avec des hordes de miliciens noirs dans la ville. Chaque maison en accueillait un bon parti.
La riposte, depuis le fort San Marco.  Les canonniers espagnols payeront un lourd tribu face aux bordées des deux Français.
Ils investissent bientôt les bâtiments, les vident et y mettent le feu.
Ils sont bientôt rejoints par Losetbraz qui a, lui aussi, réussi à semer les navires espagnols.
Le canon français aura finalement son utilité face aux milices retranchées dans certaines maisons,  puis, face au fort.
L'assaut de la ville se poursuivra. Les bordées de canons des navires décimant progressivement les canonniers espagnols, le Gouverneur Don Lopez, préfèrera la reddition.
Les fusiliers français arrivaient juste au pied des remparts avec leurs échelles.

La petite équipe reléguée à l'exploration de l'île abandonnée débarque maladroitement quelques canons.
Une petite parenthèse pour relater ce petit incident lors de l'invasion de l'île déserte. Ces abrutis de marins ont laissé échapper l'un des canons, qu'il a fallu repêcher. C'est la découverte de corps espagnols sur cette île qui devait renseigner sur l'emplacement de l'épave du galion espagnol qui avait coulé dans la tempête.

A l'issu de la partie, "Pudubec-Borgnefesse" avait fait deux prises, vendues pour 17000 livres, investi une île qu'il avait bastionnée pour s'en faire un repaire, récupéré le Capitaine Red et "La Grenouille" qui lui avaient révélé l'emplacement de leur trésor moyennant 50% de la valeur de celui-ci. Il avait retrouvé "Thomas Pills" a qui il devait aussi pouvoir faire révéler l'emplacement dun autre trésor.
Quand à l'emplacement du galion espagnol coulé, il fallait emmener un pilote sur place pour qu'il détermine les courants dominants et puisse faire une estimation de l'emplacement de l'épave. Ayant investi et fortifié l'île; Borgnefesse estimait avoir un avantage certain dans la course aux recherches, si un concurrent venait à la lui disputer.

La règle PMET tourne bien maintenant, la plupart des améliorations proposées ayant été intégrées. La table de canonnade et de "critiques" manque encore un peu de piment et reste mal-pratique mais je ne désespère pas de parvenir à la faire modifier aussi.
Les combats à terre et d'abordage sont parfois un peu longuets avec "Argad" et voient souvent une égalité globale des pertes se dégager tant qu'un parti n'est pas plus nombreux que l'autre.
Le temps nous a un peu manqué pour vraiment procéder à l'assaut de la citadelle (le premier que nous aurions réussi à mener à bien).

lundi 8 octobre 2012

La Mégaventure pirate, Carbon-Blanc (33) , 6 et 7 Octobre 2012

Comme, il y a deux ans, Philippe (alias Capitaine Yapudo) nous avait convié à une grande manifestation de jeu autour des pirates. Cette "Mégaventure" se distinguait de la ""Mégabaston" d'il y a deux par l'intégration  d'une dimension "jeu de rôle", et l'intégration d'arbitres/maîtres de jeu pour gérer les événements et le commerce.

Cette partie a regroupé largement plus de 40 joueurs dans un château à Carbon-Blanc pour jouer la règle "ITAT" ("de l'Ile de la Tortue A Trafalgar") pour la partie navale et "Argad" pour les affrontements terrestres. 
Des enfants aux vétérans, tous ont essayé de tirer leur épingle du jeu. L'immense majorité des participants étaient costumés et de nombreuses animations ont agrémenté les deux journées. 
Une démonstration de rechargement et de tir avec des armes d'époque (tirs à blanc, bien sûr) nous a même été faite. 

Les tables de jeu représentaient en 6 tables, 5 zones côtières des caraïbes et de la côte sud de l'Amérique du Nord et une zone de "pleine mer" pour y simuler les affrontement hauturiers qui arriveraient lors des mouvements stratégiques (c'est à dire, d'une table à l'autre).

Ouverte au public, la manifestation a drainé quelques riverains, dont, le maire de la ville, qui nous a gratifié d'une chaleureuse visite.

Il m'est impossible de vous décrire toutes les actions, ni même tous les lieux où se sont passé les nombreux événements de ces deux  journées tant il y en a eu, mais je vais vous narrer celles dont j'ai été le témoin et/ou l'auteur.

Le récit des aventures du Sieur de Toulvarere et de Grégoire de la Houssaye seront dans un message séparé.

 Une petite visite pour commencer: Quelques sites notables:
La prospère ville de Saint-Domingue.
Vue de Saint-Domingue (F) : La maison du gouverneur et les jardins.





Le "San Felipe", Galion espagnol, victime d'une tempête a été remorqué jusqu'à Porto-Bello. Chargé d'or jusqu'à la gueule, il attendait d'autres navires espagnols qui puissent convoyer l'or en Espagne.

L'équipage éprouvé, tente de mettre un peu d'ordre sur le pont du vaisseau complètement démâté.

Ancré par l'avant dans la baie, le vaisseau ne peut que pivoter, halé par une barque.



Port Royal (GB)

La Nouvelle-Orléans, sur la rive gauche du Mississippi (F).
La parenthèses espagnole:
Les Espagnols ont, semble-t-il, été d'une audace rare et d'un esprit retors tout au long de la partie, capable de manipulations honteuses et de revendre tout et n'importe quoi. Jouant du bluff et de la crédulité de leurs interlocuteurs. Ils ont vendu des îles ne leur appartenant pas, des droits à tout et n'importe quoi, comme par exemple, le droit de chasser les "sauvages" au Pérou, racheté les cargaisons d'esclaves aux joueurs enfants, qui se les échangeaient pour entre eux pour une unique pièce de 4 livres... etc.
Ils ont aussi évacué l'or du "San Felipe" au premier soir puis fait croire le lendemain qu'il en était encore chargé pour attirer les pirates à  Porto-Bello pendant qu'eux-même attaqueraient leur repère. Bref, ils s'en sont donné à cœur-joie.


Un galion espagnol recueille l'or stocké sur son infortuné confrère.

Le seul pépin qui a failli leur arriver est quand la flotte de l'or a inopinément croisé deux vaisseaux hollandais. Ces derniers, ne pouvant résister à l’appât du gain, (quitte à devenir pirates), l'a attaquée. Ils se sont bien sortis de cette escarmouche en mettant les Hollandais en fuite. La flotte de l'or a ainsi pu parvenir à Cadix.

Malgré le choix d'un itinéraire volontairement compliqué, pour rejoindre l'Espagne, la flotte de l'or croise les rescapés hollandais. La tentation est trop forte pour ces derniers, ils attaquent...
...et sont mis en déroute. La flotte de l'or atteindra bel et bien l'Espagne.

Suite à la défaite de la Hollande contre la France à Curaçao, les arbitres/maîtres de jeu ont délibéré et entériné l'annexion de Curaçao par les Français le premier soir et même décrété que la guerre se poursuivrait en Europe. 
J'ai donc organisé, (pour désengorger les tables et pour que les joueurs frustré de bataille le samedi puissent en faire une belle, un peu organisée), une aparté européenne, en mettant en scène un affrontement entre deux lignes de bataille, l'une française et l'autre hollandaise.
Nous avons équilibré le duel à 40 canons par bordée, de part et d'autre.
La flotte française comportait 7 navires, la hollandaise 5.
D'autre part, nous décidions, qu'une campagne terrestre, en parallèle (non jouée), opposerait les armées hollandaises et françaises au frontière du Nord de la France. Par tirage de dés émoticônes, le résultat fut désastreux pour la France, contrainte à une paix honteuse. La France restitua ainsi Curaçao à la Hollande en échange de Lille, conquise par les Hollandais.

 
L'affrontement des treize navires, en ligne de bataille.

En Europe, deux ligne de bataille s’apprêtent à s'affronter. La guerre est bel et bien déclarée entre la France et la Hollande.
Les Hollandais, à droite, tirent les premiers, puis rompent leur ligne de combat.

Tout le combat s'est déroulé avec un vent venant de l'île qui est en arrière plan, au bout de la table. Les deux flottes se trouvaient donc vent arrière pour démarrer. Cela permettait, en outre aux vaisseaux trop endommagés, de quitter la table par la droite ou la gauche.
Les vaisseaux furent alignés du plus puissant au plus petit d'avant en arrière de manière à ce qu'ils aient des vis-à-vis comparables. 
Les français avaient planifié un virage à bâbord pour se rapprocher avant de tirer alors que les Hollandais ont ouvert le feu immédiatement.
Les têtes de ligne hollandaise et française essayèrent de se déborder de manière à se "barrer le T" c'est à dire à combattre avec toute sa bordée, contre un adversaire ne pouvant répliquer et pris en enfilade.
En tête de colonne, les vaisseaux les plus puissants, se canonnent à distance...

A l'arrière, les petits navires, beaucoup plus libres de leurs mouvements, virèrent et louvoyèrent de manière à se délivrer de multiples bordées sans réussir à voir un réel avantage se dégager.
Partout, on vît de beaux retournements de situation liés au résultats "critiques" de tirs particulièrement chanceux. Souvent amusants et déstabilisants dans le règle"ITAT"(second tué, capitaine assommé, voie d'eau avec 12 hommes obligatoirement affectés aux pompes...) ces "résultats critiques"ont amené beaucoup de piment à la bataille et contraint certain joueurs à renoncer à leurs actions héroïques. Nous avons assisté à de beaux, mais pas toujours volontaires, abordages et à démâtage total.
... tandis qu'en queue de ligne, les plus légers évoluent au gré de manœuvres beaucoup plus sophistiquées. 
Les lourds vaisseaux, se rapprochent en font des tirs d'enfilade mutuels, sur leurs vis à vis.
Certains s'abordent... pas toujours volontairement.
D'autres se voient entièrement démâtés par la violence de tirs concentriques.
Malgré un avantage français en tête de ligne, au centre, un français est emporté à l'abordage.

Au final, les treize participants, dont la plupart ne maîtrisaient absolument pas les règles (tant de manœuvre à la voile que du combat maritime) se sont bien amusés.
La victoire a été du côté hollandais avec une prise et la mise en fuite de plusieurs français. Leur vaisseau démâté a pu être conservé puisqu'ils sont restés maîtres de ce bout d'océan.
Cette petite parenthèse de pur combat naval a été, à l'insu des joueurs, exploitée pour relancer le scénario aux Caraïbes (réapparition du parti hollandais)

Une autre anecdote  est celle de l'attaque de Porto-Bello. Comme je vous l'ai expliqué, les espagnols s'étaient  indirectement débrouillés pour faire savoir aux pirates que le "San Felipe" était gorgé d'or (information fausse, bien entendu) afin de les attirer durablement là, pendant qu'eux même attaqueraient leur repère aux Bahamas.
Ce sont donc cinq vaisseaux pirates qui convergèrent vers Porto-Bello et encerclèrent littéralement le ponton "San Felipe. La trop petite dimension des tables fît que le combat commença directement à courte portée. L'un des assaillant fut quasiment coulé à la première salve (28 canon par bordée)  et dû retraiter. Une "touche critique"opportune mis finalement le feu au Galion qui coula avec toute son artillerie alors qu'il lui restait plus qu'un malheureux point ce coque.
Frustrés d'un beau présumé pactole, les pirates entreprirent ensuite de raser la ville sous les boulets.

Pendant, ce temps, dans les caraïbes, les pirates, victimes d'une manipulation, se ruent à l'assaut de porto-Bello.
Ils paieront un lourd tribu avant de couler l'épave du San Felipe et de prendre la ville... vidée de tout or la veille.

Il s'est certainement passé plein de choses du côté des pirates et des anglais mais je dois reconnaître que je n'en ai pas eu suffisamment d'échos pour pouvoir vous les relater.

Mon bilan concernant cette deuxième cession:

Côté points positifs:

- Globalement, le jeu s'est déroulé dans une excellente ambiance. La majorité des joueur est repartie enthousiaste.
- L'accueil a, comme la dernière fois, été absolument irréprochable et très convivial. 
- Le plaisir de retrouver certains protagonistes d'il y a deux ans était, là aussi, au rendez-vous. 
- Les décors et les bateaux présentés étaient de bien meilleure facture que lors de la première cession et beaucoup plus achevés. 
- Philippe a eu la présence d'esprit de clore le jeu plus tôt dans l'après midi du dimanche au moment où les joueurs ont commencé à s’essouffler et qu'un peu de flottement s'est manifesté dans le jeu. Ca a permis de prendre le temps de ranger tranquillement et aux joueurs les plus éloignés (Finistère et Côte d'Armor) de partir assez tôt. 
- La modifications dans les règles (non garantie d'avoir un nouveau bateau tout neuf, en cas de perte du précédent) a rendu les joueurs beaucoup plus prudents.
- Les règles de commerce semblent avoir beaucoup plût et certains joueurs ont fait des allers et retours entres les sites pendant toute la partie, empochant de substantielles plus-values. 
- Des changements intempestifs de pavillon ou de partis mieux régulés et plus cohérents.  
- Je suis reparti avec des idées et des images (souvenirs)  plein la tête!

Côté points négatifs: (il y en a un paquet et on a frisé la catastrophe) 

- Les dimensions des tables ayant  considérablement été réduites pour des raisons de sécurité (accueil du public) les décors avaient été posés sur 33% de surface en moins. Avec 50% de navires en plus (45 au lieu de 30 il y a deux ans) et des surfaces de terre maintenues telles quelles, il a été impossible de faire circuler les navires entres les surfaces terrestres. 
On ne pouvait donc plus passer d'une table à l'autre faute de place pour amerrir !!! Les combats étaient obligés de commencer à bout portant (portée d'abordage) faute d'espace pour manœuvrer ou placer les navires !!!
Bref, à partir de là, tout l'essence du jeu "ITAT" (la manœuvre d'un voilier et la tactique maritime de l'époque) était perdue. 
Heureusement, pendant la nuit du samedi au dimanche, nous avons pris le parti de déplacer un certain nombre de terres ou d'en réduire les dimensions pour rendre les mers praticables. 
L'initiative de mobiliser 13 navires sur une table unique pour une grande bataille en ligne a aussi redonné un peu d'espace aux autres joueurs. 

- Une méconnaissance des règle quasi totale et un sous équipement effarant des joueurs ! 
J'ai été effaré de constater que sur les 13 joueurs participants à la grande bataille en ligne seul quelques uns avaient des notions de la règle. Certains ne l'avaient même pas lue! Outre les enfants, il a donc fallu chaperonner les adultes pour mener le combat à bien. Les règles étant  simples, ils se les ont heureusement appropriées fort vite. Pire, le jeu se retrouvait fréquemment interrompu parce que les joueurs ne disposaient pas d'équipements aussi rares qu'un crayon ou un dé à six faces! Quand tout le monde attend, pour pouvoir poursuivre sa partie, que soient solutionnés de tels manques, c'est terrible! 

- Les changements de règle, s'ils ont apporté certaines solutions ont créé des aberrations pires que celles qu'on avait dénoncé dans la partie précédente. Les mouvements stratégiques (une bonne idée si on avait eu l'espace) ont engendré, quand ils arrivaient, des téléportages de flottes en plein milieu de combats, sans aucune cohérence. C'est à dire, qu'on a ainsi vu disparaître les protagonistes d'un combat, géographiquement en plein milieu de celui-ci et avant son achèvement, pour migrer vers une autre table !Ou alors l'inverse, tout aussi dommageable: l'apparition à bout touchant d'ennemis ouvrant le feu, et apparaissant magiquement en bordure de table. 
Je me suis même vu entendre (par un ado, certes, mais quand même) "j'arrive là, parce que, tu comprends, j'ai pas encore participé à une bataille depuis hier !". 


- Certains joueurs n'ayant pas compris la différence entre la "Mégaventure" de cette année et la "Mégabaston" d'il y a deux ans avec l'introduction d'arbitres/maîtres de jeu. Certains ont réfuté et refusé les décisions (pourtant toujours prises collégialement par les arbitres) qui devaient relancer globalement l'intérêt pour la partie ou certaines intrigues. 

Certains n'ont pas supporté de ne pas avoir la maîtrise sur les événement internationaux, notamment, et n'ont pas pu prendre de plaisir à s'adapter aux circonstances nouvelles et ont vécu comme arbitraires et pénalisantes certaines décisions. Ils ne comprenaient pas non plus, que les arbitres ne pouvaient ni gérer, ni être responsables des actions et décisions  individuelles des joueurs.

- On a aussi pu observer, du fait de la non garantie d'avoir un nouveau bateau identique en cas de perte du précédent, à des comportements trop timorés, même lors de combats opportuns et vraisemblablement faciles. Il a fallu que la partie avance pour que les joueurs, ne faisant rien ,se décident à s'engager et à combattre, quitte à perdre, sous peine de risquer de passer complètement à côté du jeu. 

-  Côté scénario, il aurait peut-être fallu démarrer avec un statut de guerre car, les premières heures de jeu ont vu se croiser les flottes de toutes les nations, sans  qu'aucune n'ose entreprendre quoi que ce soit, en terme de déclaration de guerre, attendant sans doute que les maîtres de jeu (MJ) leurs en donne l'ordre ou que les circonstances internationales changent. 
Globalement une ou plusieurs situations de conflit initiales auraient, selon moi, canalisé certains joueurs et permis une entrée plus rapide en matière, quitte, pour le coup, à "asséner" une paix rapide. Je me suis aussi beaucoup interrogé sur la capacité des capitaines et des gouverneurs à acheter, vendre ou négocier des terres et des traités. Là, ce sont les connaissances historiques, qui me font défaut.
Peut-être les arbitres auraient-ils du être consultés lors des nombreuses décisions engageant et impliquant les nations (validation/révision de certains engagements importants). 
Toujours au niveau du scénario, il aurait peut-âtre fallu driver un peu les joueurs sur les "rôles" vacants. Il y avait beaucoup trop de joueurs français, des français eux-même beaucoup trop puissants. On nous avait aussi promis de nombreux vaisseau marchand "neutres" faisant des proies faciles pour les pirates... je n'en ai vu qu'un (qui a visité toutes les Bahamas (le repère pirate) sans être d'ailleurs inquiété).
Peut-être va-t-il falloir aussi songer à "filtrer". Je m'explique, le plaisir n'est pas forcément majoré par la multiplication du nombre de joueurs (sauf s'il s'agit de "battre un record", j'ai entendu des allusions à ce sujet). Un grand nombre d'enfant, dont je ne suis pas sûr que certains aient compris les enjeux d'une telle partie et le fonctionnement des règles, auraient certainement beaucoup plus apprécié une partie beaucoup plus courte, avec beaucoup moins de joueurs et où ils auraient été , de fait, beaucoup plus et mieux considérés. 

Je mets aussi en garde contre un autre risque d'inflation: J'ai entendu parler de projet de vaisseau de 120 canons ! Je redoute que l'on voit bientôt poindre des trois ponts chez les pirates.  
(Je ferais pourtant mieux de me taire puisque je suis le premier à avoir dépassé les 24 canons avec le "San Felipe")

Voilà, ça fait beaucoup, (et ça n'est qu'un premier jet - sept heures de rédaction/mise en page), mais il y a pourtant encore un point (pour détendre un peu) 

PENSEZ A RAPPROCHER BORDEAUX DE LA BRETAGNE, NOM DE TOUI !