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mardi 5 novembre 2024

L'attaque du Honno-ji (Compte-rendu de partie)

 Samedi 19 Octobre 2024, s'est aussi tenu au "Sekai Festival" de Vannes un petit scénario en huis-clos, mettant aux prises ODA Nobunaga et quelques serviteurs face à AKETCHI Mitsuhide, son vassal félon qui a entrepris de l'assassiner cette nuit là, de 1582. Cette escarmouche pour deux joueurs, est jouée avec la règle "Argad".

    Pour pimenter un peu ce combat totalement déséquilibré, j'avais mis en place un système de barème de points, selon que l'un ou l'autre des joueurs réussirait à accomplir sa mission. Du côté ODA, quelques personnages hauts en couleur pouvaient agrémenter le combat. 

Didier : ODA Nobunaga et 10 autres personnages, dont Yasuke, le premier samouraï étranger de l'histoire, un géant, ancien esclave portugais, vraisemblablement venu du Mozambique, Nô-hime, la femme de Nobunaga, Ranmaru, le jeune page, mignon de Nobunaga. 

Emma: AKETCHI Mitsuhide et 50 assaillants, samouraïs, ashigarus, arquebusiers, archers. Ils pouvait aussi mettre le feu aux bâtiments. 

 

Les troupes de Mitsuhide investissement le temple par tous les côtés simultanément.

Vue de l'intérieur


L'alarme est immédiatement donnée.

Quelques flèches incendiaires mettent le feu au bâtiment.

Alors que le feu progresse, l'ennemi envahit le bâtiment.

Ranmaru, tué dans le jardin.


 
Nobunaga se fait seppuku, tandis que Yasuke garde la porte.

    J' ai peu de détails sur le déroulé de cette partie dissymétrique. J'étais occupé sur l'attaque sur le château de Nagashino, qui se jouait simultanément. LE seule chose que je peux vous affirmer c'est que, dans ma campagne, ODA Nobunaga ne pourra être tué par Mitsuhide, puisque celui-ci a été tué par mes joueurs à la bataille de Nagashino. 

     Pour ce qui est de la figurine de Yasuke, j'en avais faite une sur-mesure. D'abord une impression 3D à 120% de la taille. L’esclave noir était, semble -t-il de belle taille, et par rapport aux Japonais devait vraiment faire figure de géant. LA figurine décapitée, s'est ensuite vu greffer un visage de zoulou grimaçant. la différence de taille m'a obligé à lui refaire l'arrière de la tête au miliput. Il a aussi fallu un peu affiner la lame du katana sous peine qu'il soit disproportionné par rapport aux autres. 

Le corps de Yasuke et le visage de zoulou.



Sculpture de l'arrière de la tête au miliput. Je ne suis pas un expert, mais ça l'a fait.

Vue de dos.

 

Un ado, une figurine normale et le géant, Yasuke.

 

 

dimanche 27 octobre 2024

La bataille de Nagashino, revue et corrigée par mes joueurs (compte-rendu de bataille)

     Dimanche 20 Octobre, à Vannes, lors du Sekai Festival,  nous avons joué un scénario centré sur la bataille de Nagashino, cette célèbre bataille qui vit pour la première fois appliquée une feu roulant d'arquebuses par plus de 3000 arquebusiers. Arrivée au Japon en 1543 avec les Portugais, l'arquebuse, aussi appelée teppo ou tanegashima, fut d'abord difficile à copier par les forgerons japonais. Mais sitôt comprise la technique de fabrication du fût, la technologie commença à se diffuser. Quelques daimyos isolés d'abord, puis tous, bientôt s'approprièrent la nouvelle arme. La poudre noire était connue de longue date mais n'avais jamais connu de succès jusque là. En 30 ans le Japon était le pays au monde où existaient le plus d'arquebuses ! Bien loin devant les nations européennes qui les avaient développées. ODA Nobunaga fut le premier à en comprendre l’intérêt en utilisation de masse et en feu roulant. Un rang d'arquebusier tirant pendant que deux rechargeaient. Protégés par des obstacles, il mît aussi ses tireurs à l’abri de la dangereuse cavalerie des TAKEDA. 

    Je désirais faire jouer cette bataille dissymétrique à mes joueurs, peu connaisseurs de l'histoire du Japon, depuis de nombreuses années tant je la trouve intéressante. Je me suis ainsi mis à peindre de l'arquebusier ODA à la chaîne. Je n'ai pas réussi à peindre suffisamment pour recréer le déséquilibre numérique qui existait entre les deux partis au moment de reconstituer la bataille. 

   Mes joueurs allaient se charger de le souligner.  


Du côté TAKEDA, nous avions: 

Jean-Jacques : TAKEDA Katsuyori - général en chef.

Jacques : BABA Nobuharu : Chef de la cavalerie de choc.

Didier + Valéria : OBA Mankichi : Jeune samouraï mineur, bien décidé à se faire un nom sur la champ de bataille. Il poursuit ses aventures d'ici.

Du côté des ODA: 

Patrice : ODA Nobunaga - Général en chef.

Emma : AKECHI Mitsuhide

Laurent : TOKUGAWA Ieyasu 

 

 Le champ de bataille :

     Il est celui d'une jolie vallée ceinte de collines et de bois où coule la Rengo-gawa.

    La position a été judicieusement choisie par Nobunaga pour y livrer une bataille défensive. Il mise sur la rivière pour briser l'élan des charge de cavalerie et a ,en plus, construit une ligne de défenses anti-cavalerie sur les deux tiers de son front pour pouvoir y protéger ses vulnérables arquebusiers. Au départ, l'ennemi ignore qu'il y y des défenses cachées derrière le range d'arquebusier. De même une partie des tireurs ODA du flanc gauche et du centre ne sont pas apparents sur la carte, histoire de provoquer plus facilement l'attaque espérée de la cavalerie TAKEDA sur le flanc gauche.

    La puissante cavalerie de choc TAKEDA est hors carte. elle entrera par un chemin découvert dans la forêt.


La rivière Rengo, au centre, est difficile à traverser pour la cavalerie, elle en briserait l'élan si les TAKEDA venaient à charger au travers.


 

Au premier plan, à gauche quelques éclaireurs surgissent de la forêt...
 

... et prennent en chasse les éclaireurs ODA.
 

Le maku de commandement de Nobunaga.
Chez les TAKEDA, la décision est prise, on attaquera le flanc droit ennemi, c'est le plus faible !

Le magnifique déploiement ODA. Leurs piques sont plus longues que celles de leurs contemporains.
Le déploiement des TAKEDA. Au premier plan les troupes du tout jeune Mankichi.

Les cavaliers d'OBA Mankichi vont sonder le rivière voir si elle est guéable.

Dès le premier mouvement, il est clair que le déséquilibre est criant à droite.
 

Les cavaliers TAKEDA viennent capturer l'éclaireur ODA en fuite. Leur avance leur permet de découvrir le piège qui leur était tendu : Les fortifications de campagne.
Mais la bataille est déjà jouée...

Les troupes TAKEDA vont converger de plus en plus vers l'aile droite, trop faible, des ODA.
Se réorganiser demande du temps. Il faut dépêcher des messagers.
L'aile droite ODA gagne les hauteurs, se fait accabler de tirs. De petits groupes commencent à migrer de l'aile gauche vers la droite, mais on n'ose se dégarnir, la cavalerie, objectif principal ne se montre toujours pas.
Des cavaliers TAKEDA ont déjà flanqué l'ennemi (à gauche sur la photo).

Plus de cavaliers, plus de tireurs, plus de piquiers... les rangs ODA s'éclaircissent !

Le combat s'engage aussi au centre, pour essayer de soulager l'aile droite.

Les premiers tests de moral pour Mitsuhide échouent. L'aile droite va s'effondrer très vite.

Vue d'ensemble. Nobunaga hésite déjà à abandonner son quartier général. Et toujours aucune trace de la cavalerie de choc des TAKEDA !


Pas à pas, la ligne ODA recule et se clairsème


Au corps à corps, comme au feu, les ODA sont surclassés. Trop de Samouraïs en face. Ils sont deux fois plus difficiles à éliminer en corps-à-corps.

AKETCHI Mitsuhude est obligé de s'engager dans le combat pour motiver ses hommes.

La cavalerie (38 cavaliers) sort enfin du bois, mais pour rallier, à son tour, la droite ennemie enfoncée.

L'aile droite ODA a craqué, les renforts dépêchés par petit groupe ne peuvent contenir l'avance des TAKEDA.

ODA Nobunaga est en retraite . Quelques rangs de tireurs ne peuvent enrayer le processus.

Mankichi capture le camp de Nobunaga.

La cavalerie, un temps tenue à distance par les tirs, se regroupe en masse.

Positionnés en "L", les tireurs protègent mutuellement leur flancs.

Quelques cavaliers tombent. Nous convenons que ce qui est à gauche de la haie est perdu et que ce qui est à droite, a le temps de fuir.

Bilan :

    Ce fut une très belle partie mais si je ne l'avais pas assez préparée pour la rendre plus historique. Pas de cavalerie du côté ODA, pas assez de samouraïs à pieds, ça a fait une énorme différence dans la résolution des combats, et puis quand les premiers échanges voient les "6" tomber que d'un seul côté, rien à faire!

    Il a été flagrant  que l'aile droite ne pourrait pas tenir, dès le déploiement initial. cela n'a pas échappé aux joueurs TAKEDA qui ont exploité la faille.

    J'étais très loin du ratio de force historique (il manquait 50 figurines du côté ODA) entre les deux partis, mais cela laisse de la place à la suite. Les TAKEDA ont gagnés une bataille en plaine mais on perdu au siège de Nagashino. La prochaine rencontre verra soit les TAKEDA poursuivre en Mikawa, soit rentrer chez eux pour se consacrer aux HOJÔ (ce qui relancera notre campagne HOJÔ initiale). C'est Jean-Jacques/TAKEDA Katsuyori qui statuera. En tous cas, Nagashino ne signera pas le déclin Takeda Ici.

    Dans tout les cas, le cours de l'Histoire est changé, car AKETCHI Mitsuhide, tué en menant ses troupes sur l'aile droite... ne pourra donc pas assassiner Nobunaga sept ans plus tard ! Ça devient intéressant. Patrice affirme déjà qu'il me faut tout ré-écrire jusqu'à le bombe nucléaire lancée sur San Francisco par les Japonais en 1945 ! Diantre !

    La table était magnifique même si ma rivière n'était pas achevée. Je vais pouvoir calmement travailler dessus pour qu'elle puisse servir régulièrement à partir de maintenant. 

    Il subsiste de ma part la frustration de ne pas avoir pu savoir si l'arquebusade soutenue aurait pu arrêter la cavalerie TAKEDA que j'avais bien renforcée, 12 cavaliers supplémentaires. 

    

    





















 

lundi 29 avril 2024

"Et le colonel Enlevteski ? Bah, I's' bat pour l'isba ! " (Compte-rendu de partie Argad 1er Empire)

 "Contre l'arthrite de Russie, rien ne vaut un massage de l'abbé Rézina"

Dimanche  28 Avril s'est joué dans la mairie de Clohars-Carnoët, une magnifique partie d'Argad 1er Empire. Cette partie s'est jouée dans le cadre du festival Ludocéan.

Jean-Jacques nous avait préparé une superbe table enneigée et de belles figurines pour rejouer un épisode de la retraite de Russie de 1812. 

    L'action se passe en Octobre et la grande armée, quitte tardivement Moscou. Rapidement accablée par la faim et le froid, la retraite tourne mal. La politique de terre brûlée, le froid précoce, la neige, les loups et le harcèlement par les cosaques, bousculent les rescapés. Partis à 440 000, ils reviendront à 30 000 ne pouvant se nourrir que des chevaux qu'ils n'hésitaient pas à tuer, et des corps de leurs camarades morts. Pour les chevaux, 3000 seulement, revirent des 180 000 partis.

3 joueurs russes, 3 français. un arbitre. 

 

Le plateau de jeu, vu du côté français. Une colonne de traînards avance péniblement à gauche.

Le village russe. Les moujiks essayeront d'abord d'incendier le pont principal.

Les traînards, affamés et transis de froid, sont les seuls, à apparemment souffrir des privations et de la neige.
Mais les français ne sont pas vaincus ! Surgit alors une avant garde de chasseurs à cheval de la Garde.

Bientôt suivie du reste du régiment puis d'un régiment complet de lanciers de la Vistule.
Les moujiks comptent se battre. Les tireurs vont s'embusquer derrière le tas de bois, d'autres vont essayer d'incendier le pont.
Quelques cosaques se précipitent pour essayer de parvenir aux ponts avant la puissante cavalerie française.
Les russes ne sont pas au bout de leur surprise ! C'est maintenant un régiment de dragons montés qui arrive !

Deux régiments de cosaques réguliers, renforcent les Russes à droite, une régiment d'infanterie à gauche.
Les cosaques russes seront suivis d'un régiment de chasseurs à pied.
Polyvalents, les chasseurs à cheval harcèlent les cosaques au feu et en tuent trois.
Un régiment d'infanterie précède la garde à pied et un groupe d'officiers montés.
Les cosaques décimés ont reculé. Les lanciers vont attaquer et sauver le pont de l'incendie. 
Les traînards français s'engagent dans un défilé. Des loups rôdent et attendent que l'un d'entre eux tombe. 
Pourtant avertis que la glace était encore fine, certains, tentent leur chance et tentent de traverser la rivière gelée.
Le glace se rompt sous le poids du cheval et l'eau glaciale emporte la plupart des malheureux.
Les rescapés n'arrivent pas à atteindre l'isba en ruine et sont rattrapés par les cosaques assoiffés de vengeance.
Les lanciers de la Vistule attaquent les incendiaires du pont. Ils les tuent et parviennent à éteindre le feu.
Les cosaques essayent de contenir la percée française au centre. L'idée est d'attaquer l'ennemi quand une partie seulement aura franchi le pont. Dans l'isba centrale, un régiment de chasseurs, dont ont voit encore l'officier en vert, a pris position.
Les dragons français harcèlent les moujiks mais l'un d'entre eux est bientôt aux prises avec les loups qui en veulent à sa monture. Un canon russe est mis en batterie.
A l'arrière plan deux régiments russes se déploient face à la colline boisée que la garde à pied commence à investir.
Les cosaques viennent renforcer l'aile gauche russe désormais menacée par la nombreuse cavalerie française.
Le français s’apprête à traverser la rivière via le pont et le village qui semble désormais dégarni.
Le choc a lieu, les lanciers polonais attaquent l'infanterie russe, les cosaques contre-chargent et une mêlée sanglante s'engage.
Elle tourne à l'avantage du français. Les cosaques sont massacrés et les russes doivent replier
Au centre, le piège a fonctionné les français ont traversé, et ont commencé à subir un feu nourri depuis toutes les ouvertures de l'isba russe. Les cosaques restent à l’abri derrière la maison. 



  

A l'intérieur, il y a encore largement de quoi tirer les Français comme à la foire.

 

    Dégarni, le centre devient alors tentant pour le Français. les traînards et le régiment d'infanterie s'approchent de l'innocente maison. Mais soudain (et la surprise a été bien réelle pour les joueurs) des tirs en partent. A chaque tour ! Les français s'interrogent mais ils ont pas le "-1" tes paysans? Et ils tirent chaque tour?En fait, c'est un régiment entier de chasseurs qui occupe la maison. et ils peuvent se relayer chaque tour aux fenêtres et aux portes. Chaque tour, ce sont sept tirs qui partent de la maison et deux ou trois français qui tombent. Quelques ripostes sporadiques feront bien quatre morts chez les défenseurs mais se sont 18 fusils qui se relaient au tir au pigeons. 

    Pour l'artillerie elle parviendra à ôter une tête, mais ce sera sont seul effet sur la bataille. 

    Le rouleau compresseur français balayera tout sur son passage. Les seuls rescapés seront les moujiks et les chasseurs qui s'étaient retranchés dans leur maisons. 

    Quand on demanda des nouvelles du colonel qui les commandait on rapporta ceci :  

- Et le colonel Enlevteski ? 

- Bah, I's' bat pour l'isba !

 

Dernier acte, la batterie a remballé et quitté le champ de bataille, la cavalerie française sabre les derniers russes en retraite. Napoléon a pu passer.

Bilan et critique du scénario:

    Waow ! Quel scénario ! Et quel décors ! J'ai adoré cette ambiance et ce décors. J'en redemande ! Merci Jean-Jacques ! C'est à ce jour mon scénario préféré (et pourtant j'aurais adoré y jouer Français)

    C'était beau ! Très beau mais de mon point de vue, ça manquait terriblement  d'épique ! Il se trouve que l'Empereur était, en personne, parmi l'état major qui suivait la garde impériale, mais les russes n'en ont jamais rien su. (Et quand bien même ils l'auraient su, ils n'auraient rien pu faire de plus !). La nombreuse et polyvalente cavalerie français a manœuvré comme dans la "morne plaine" de Waterloo et s'est montrée omniprésente, tantôt par le feu, tantôt par le fer.

    A aucun moment je n'ai senti les français bousculés, anxieux, harcelés, affaiblis (hors le colonne des traînards). De mon point de vue, ils auraient du entrer en petits groupes disparates, certains, encerclés par les loups. Les régiments de cavalerie plus variés mais réduits au quart de l'effectif initial maximum (ce devait plutôt être le dixième). Les soldats étrangers (autrichiens, bavarois, portugais, espagnols) largement représentés, mais ne cherchant qu'une opportunité pour changer de camp. Les régiments d'infanterie diminués de moitié, essayant de reconstituer des groupes homogènes. Les cosaques russes omniprésents, surtout sur les arrières des français. Les mouvements de tous diminués (neige et fatigue).         J'aurais conservé les caractéristiques de la garde, mieux nourrie et plus préservée par l'Empereur. 

    J'aurais signifié aux rares cavaliers de rester soigneusement à l'écart de l'infanterie de ligne et des traînards qui auraient tués les chevaux pour s'en nourrir (ils découpaient même des steaks sur les chevaux marchants, mais anesthésiés par le froid qui ne sentaient même plus la douleur de la lame). 

    Là c'eût été épique et terriblement oppressant pour le français. Ce scénario mériterait d'être joué régulièrement et me semble beaucoup plus palpitant que Waterloo, l'Espagne ou Austerlitz. Question de goût peut-être.